Portrait : Amadou Diaw
La tragédie d’un Sénégalais qui rêvait de devenir Français
Il se disait le défenseur acharné des causes africaines, le premier et le plus redoutable opposant au régime d’Abdoulaye Wade au point d’intenter -contre le chef de l’Etat sénégalais, sa famille et quatre autres présidents- une procédure judiciaire pour «acquisition illégale de biens immobiliers en France» et «détournement de fonds publics» auprès du juge d’Instruction du tribunal de Grande Instance de Paris. Au finish Amadou Diaw JOG-JOTNA se révélera un piètre intrigant rêvant d’Europe qui –pour échapper à l’expulsion- s’est accroché à toutes les occasions à sa portée. Comme un certain Omar Bâ, l’auteur d’une authentique ‘‘Soif d’Europe’’, il a berné son monde en faisant sien ce combat salutaire du ‘‘défenseur des faibles’’. Un combat que tout le monde sait pertinent mais dans lequel peu de gens osent encore s’engager. Comme l’écrivain, il a réussi à s’ouvrir la Une des journaux, à faire parler de lui sur Internet comme dans les salons feutrés, à se rallier des notables français -comme le député de gauche Jean-Marc Ayrault- et suscité l’espoir de nombreux africains qui ont vu, en lui, le nouveau porte-étendard de la cause africaine avant de se divulguer piètre aventurier, prêt à tout pour rester en France. Portrait d’un manipulateur maladroit….
Samedi 6 février 2010, nous sommes à la gare du Nord, -la plus grande gare ferroviaire d’Europe- dans la capitale française. À notre demande, nous avons rendez-vous avec le président du MLA-JOG-JOTNA, Moment de se Lever pour l’Afrique, le fameux auteur de la très médiatisée plainte déposée contre Abdoulaye Wade, sa famille et quatre de ses pairs africains accusés d’avoir pillé les ressources de leurs pays respectifs. Accompagné d’un ami -le trésorier du MLA- Amadou Diaw, vêtu d’un ensemble Blue-jeans et coiffé d’un chapeau Borsalino, nous reçoit dans un café, confortablement installé dans un moelleux fauteuil. Grand d’environ un mètre 75 et fort de 70 kilos, le regard constamment fuyant, de petits yeux globuleux enfoncés dans un visage tuméfié -comme s’il usait et abusait d’antidépresseurs- et doté de lèvres immensément grosses et rougies, Amadou Diaw est la devant nous. Né en 1956, l’homme n’est pas un gamin même s’il pose des actes enfantins. Comme tout bluffeur qui cherche, dès le premier contact, à impressionner son vis-à-vis, il fouille dans ses poches, y extirpe deux papiers froissés portant les seings du Consulat général de France à Dakar et nous les tend pour décliner son identité. Avec l’impéritie d’un apprenti manipulateur, il lâche : «je suis français». Sa ‘‘francité’’, il n’a que ça en tête ; au point d’en devenir grotesque. ‘‘Parce-que, déclare-t-il comme une loi, mon grand-père et mon père l’ont été et c’est le Consulat de France à Dakar qui m’a reconnu ma nationalité française’’. Et, c’est pour obtenir une hypothétique nationalité française que le petit-fils de feu Massamba Diaw a quitté, en octobre 2007, son pays natal avec un visa touristique, ‘‘pour, dit-il, me faire soigner en France’’. Mais une fois à Paris, il ne veut plus rentrer. Il n’a ni le droit de travailler ni les moyens de se loger. Il tape à la porte des associations qui -vu ses 51 années et son état de santé défaillant- lui trouvent une chambre commune dans un foyer des demandeurs d’asile et personnes vulnérables.
Un groupe de sans-papiers qui veut rester en France par tous les moyens
À la préfecture où il s’est rendu pour faire valoir son droit de filiation, on lui a dénié ‘‘sa francité’’. S’en est suivi un bras de fer avec la France dont il accuse le régime de ‘‘monstruosité’’. Pour illustrer ses diatribes, il affirmait tout de go ‘‘mes péripéties juridico-administratives avec l’Etat Français le confirment’’. Et pourtant, c’est ce même Etat qui le nourrie, le blanchit, lui paye ses frais de transport et le loge -à titre humanitaire- au frais du contribuable. Mais aveuglé par son désir, il ne cesse de la vilipender. ‘‘Comment comprendre, fulmine-t-il sans apporter de preuves, que le Préfet de Paris ait osé mettre à la poubelle, déchirer ou détruire la copie intégrale de mon acte de naissance datant de moins de trois mois qui est la preuve de la nationalité française à l’effet de me qualifier d’étranger à expulser’’. Suite à la fin de non-recevoir que lui a notifiée la préfecture, une Obligation de Quitter le Territoire lui a été enjointe. Désormais tout policier peut le prendre dans la rue et le conduire dans un centre de rétention pour le faire expulser. Lui qui a quitté son travail, perdu son salaire et abandonné les siens pour la France avec l’espoir de rentrer les poches pleins d’Euros va, soudainement, se sentir inutile et rejeté malgré ses diplômes en mécaniques. De ce désœuvrement et de son dénuement vont naitre son extrême fragilité psychologique et son incohérence dans le propos. Il se bat contre l’injonction du préfet en faisant un recours en annulation devant le tribunal administratif de Paris. Mais ce dernier confirme la décision du préfet et il ne lui restait plus qu’à trouver une idée géniale, une cause profitable pour rester en France.
‘‘Ma mère est malade et ma famille est en train de souffrir et personne ne veut lever le petit doigt.’’
Mais, il ne veut pas admettre cette réalité et tente, une fois encore, de nous berner. ‘‘Vous savez que si je n’étais pas Français je n’aurais pas droit à l’aide juridictionnelle’’, répète-t-il. ‘‘C’est faux, lui faisons-nous remarquer pour lui montrer que nous maitrisons mieux que lui le sujet, l’aide juridictionnelle c’est pour tout individu vivant en France et qui n’a pas les moyens de se payer un avocat pour ses démarches administratives’’. Pris à son propre piège, il baisse la tête et change de sujet. Nous sommes en mai 2009 et, dans son hôtel-foyer, le leader de JOG-JOTNA vit avec de nombreux sans papiers-africains. Il est l’un des rares à avoir fait des études et ne va pas tarder à se faire remarquer. C’est ainsi qu’il va les convaincre de créer une association qui va ‘‘défendre de grandes causes’’ pour espérer bénéficier de l’Asile politique en France. C’est la naissance du MLA, l’adresse est la Maison des Associations du 20eme arrondissement de Paris. Lorsqu’ils apprennent, en 2009, que Françoise Desset, la doyenne des juges du pôle financier de Paris a décidé de poursuivre les présidents Omar Bongo, Sassou Nguesso et Théodore Obiang pour "recel de détournement de fonds publics", "blanchiment", "abus de biens sociaux" et "abus de confiance", ils décident de s’inspirer de l’action de Transparence Internationale France. Puisque lui, Amadou Diaw, est Sénégalais, il décide et convainc ses aventuriers de compagnons d’inscrire Wade sur la liste des présidents prédateurs.
‘‘La bouche qui saigne ne parle jamais de paix’’
Pareillement à l’association française, le MLA se rend auprès de la même juge pour y déposer sa plainte et organise la fuite dans la presse. Celle-ci accepte le dossier et demande le dépôt de 1000 euros pour la constitution de partie civile. C’est comme un pêcheur du dimanche qui se retrouve avec un requin dans les filets. Tout seul il ne peut pas le hisser dans sa barque. L’affaire surmédiatisée prend de l’ampleur avec la déclaration de Wade invitant les maires des communes de France à vendre tout immeuble qui lui appartiendrait. Les revues de presse collectées sur le net sont consignées comme des éléments de preuves pour étayer ses craintes de menaces de mort. Il fabule et se rend à la police pour signaler que des éléments de la DIC sont venus de Dakar pour le cueillir. Et depuis, ‘‘j’ai un agent de protection qui veille sur moi, assure-t-il, il a été mis à ma disposition par la préfecture de police et je ne crains plus pour ma sécurité.’’ Du rang de cas sociaux, les membres du MLA deviennent des héros adulés et salués par tous les démocrates. M. Diaw profite de sa nouvelle notoriété pour lancer une demande d’aide aux Sénégalais et démocrates de tous bords pour rassembler la somme et lui venir en aide. ‘‘Mais personne ne m’a jamais remis un euros’’, déplore-t-il. Ses deux numéros de comptes qu’il a publiés sur Internet pour recevoir les dons sont restés vides.
‘‘Les opposants sont pires que Wade, et les Sénégalais sont des traitres’’
Et voila trois ans qu’il est en France sans ressource. Il n’a pas de travail et sa mère, sa femme et ses six enfants restés au pays ne comptent que sur lui. Lui l’aventurier devenu l’ennemi public n°1 de quatre présidents africains ne parvient plus à nourrir sa famille. ‘‘Ma mère est malade et ma famille est en train de souffrir et personne ne veut lever le petit doigt.’’ ‘‘J’ai demandé à des Sénégalais, qui sont venus me voir, de m’aider. Ne serait-ce qu’avec 150 euros, à envoyer à ma famille, mais personne n’a rien fait’’, fulmine-t-il. Il a apostrophé Aïssata Tall Sall à la rue Solferino, lors de la rencontre du parti socialiste, écrit et obtenu une lettre de soutien de Jean-Marc Ayrault. Et c’est leurs noms qui lui servent de cartes de visites pour se donner un semblant de crédibilité. ‘‘Souleymane Bâ, de l’Assemblée des Sénégalais de l’extérieur, s’était, accuse-t-il, engagé à me soutenir, mais personne n’a tenu parole’’. Cela en fait-il un maître-chanteur ou un escroc? Non! L’homme que nous avons suivi toute la journée de samedi n’est pas un gangster, c’est juste un homme fragile -psychologiquement- qui a porté un manteau –celui du justicier- trop lourd pour ses frêles épaules et il n’a pas bénéficié de bons conseils. S’il reconnait avoir écrit à Wade pour lui demander pardon, il ne dit pas avoir retiré la plainte devant les tribunaux.
‘‘Ce n’est pas moi qui vais leur égorger leur bête’’
Il ne peut pas le faire, car il n’est pas seul dans le MLA. ‘‘C’est dans le cadre des retrouvailles de la famille libérale que j’ai écrit cette lettre’’, parce que lui c’est un Pds. Mais aussi, ‘‘pour l’arrêt de l’information judiciaire ouverte à mon encontre par la justice sénégalaise et pouvoir rentrer un jour à Dakar.’’ En attendant que Wade veuille lui pardonner ses errements, ‘‘l’ancien professeur de mécanique au Lycée Maurice de Lafosse’’ -c’est sa parole- continue de s’adresser à la France pour demander sa réintégration dans la nationalité. Il n’a jamais été anti Wade même s’il l’a vilipendé dans ses sorties médiatiques. Il ne croit, non plus, pas à l’opposition sénégalaise comme son ‘‘combat’’ contre ‘‘les chef-d’Etats prévaricateurs de deniers publics’’ n’a jamais été une intime conviction. C’est juste un piètre opportuniste, un manipulateur maladroit, qui s’est trompé de combat. Et lorsqu’on lui demande s’il était prêt à jouer un quelconque rôle contre Wade, il ne va pas par quatre chemins : ‘‘ce n’est pas moi qui vais leur égorger leur bête. Je ne le ferais pas. Les opposants sont pires que Wade et les Sénégalais sont des traitres.’’ Alors est-ce que c’est parce que les sénégalais ne lui ont pas donné d’argent pour le soutenir dans ‘‘son combat’’ qu’il a senti nécessaire de trahir leur confiance et de caresser Wade dans le sens du poil? Diaw répond sans équivoque : ‘‘la bouche qui saigne ne parle jamais de paix ; que ceux qui me jettent la pierre se regardent dans la glace. Je suis tranquille avec ma conscience, je préfère être égoïste comme tous les Sénégalais, nourrir ma famille et m’en tenir là’’.
Babacar Touré
Journaliste-écrivain
kimikikiko@yahoo.fr
mardi 9 février 2010
vendredi 5 février 2010
FRANCE : Serigne Saliou magnifié en ce jour de Bamba
Commune de Taverny, nous sommes dans le Val-d’Oise, à une trentaine de kilomètres de la capitale française. Dans cette ville de 26 708 habitants, se dresse, à la grandeur de l’Islam, une vaste demeure de 3 800m2 entièrement dédiée à Allah. Ancien foyer éducatif -qui a cessé ses activités en 2001 pour être délocalisé à Franconville-, l’ex-bâtisse de la Ddass est aujourd’hui devenue la grande Mosquée de France, mais aussi la «maison de Sérigne Touba» dans le département du 95.
Ici, malgré le froid qui s’abat sur toute l’Europe, se sont réunis depuis deux jours de nombreux musulmans venus de toutes les communes de France pour témoigner leur gratitude à un serviteur de Bamba : le vénéré Cheikh Saliou Mbacké. En ce jour de commémoration du départ à l’exil d’Ahmadou Bamba Mbacké, une conférence sur le Mouridisme et son enseignement a été organisée par le Centre culturel islamique. Devant plus de 300 personnes (nourries gratuitement pendant deux jours) en présence du préfet du département, du maire Maurice Boskaver et de l’attaché culturel de l’ambassade d’Iran, M. Abdallah Sahmi -un tunisien de 49 ans- et ses camarades ont débattu de l’Islam à travers le Mouridisme. Ayant vécu 13 années à l’ombre de Sérigne Saliou, le mouride tunisien a tenu à expliquer à l’assistance toute la portée de l’enseignement du saint homme.
Comme lui, l’Imam Cheikh Sango Ntchara Mamadou, 65 ans, président du Conseil islamique de France et Camerounais d’origine, n’a pas été avare en superlatif pour magnifier ce jour «dédié à un combattant de l’Islam, une fierté pour l’homme africain : Khadimoul Khadim». Si ce Camerounais de naissance en est arrivé à faire siens les enseignements du Serviteur du Prophète (PSL) et à clamer, haut et fort, être «le porte-flambeau du Sénégal en France», c’est qu’il lui est arrivé une de ces histoires extraordinaires qui n’arrivent qu’une seule fois dans la vie d’un homme et que l’on garde en mémoire durant toute son existence.
«On priait dans des caves de sous-sols, des garages»
Et il n’a jamais cessé de la narrer avec la fierté de l’homme comblé. Dans cette ville où toutes les communautés religieuses disposaient d’un lieu de culte, les Musulmans étaient les seuls à faire recours aux caves des sous-sols et garages pour pratiquer et s’acquitter de leur devoir de prières quotidiennes. Leurs enfants n’avaient aucune école pour apprendre le Coran, les Musulmans ne se voyaient qu’en petits groupes et les non- Musulmans les regardaient avec méfiance. Alors, pour sortir de la clandestinité, le Conseil islamique a demandé au maire de la commune de mettre à leur disposition un terrain pour en faire un lieu de culte. «C’était en 2001, se souvient l’Imam, et le maire Maurice Boskaver m’avait appelé dans son bureau pour me faire part de la vente de l’ancienne maison de la Ddass. «Si vous parvenez à l’acheter, vous pourrez en faire une mosquée», m’avait-il dit.» Comme depuis la loi de 1905 -la loi sur la laïcité qui a proclamé la séparation de l’Eglise et de l’Etat- l’argent public n’entre plus dans la construction et la gérance des lieux de culte, il lui fallait trouver des mécènes pour l’acquisition du bâtiment.
«Saoudiens et Emiratis ont dit non, Cheikh Saliou a dit oui»
Sa petite communauté a mis la main à la poche, mais les 30 millions de FCfa qu’elle a réussis à mettre en place paraissaient dérisoires, au vu des 300 millions demandés par le vendeur. «C’est ainsi qu’on a fait le tour du monde pour chercher des financements, se souvient l’Imam, mais les Saoudiens et les Emiratis qu’on a rencontrés ont refusé de donner leur argent.» Déboussolé, l’Imam était à deux doigts de jeter l’éponge, lorsque -par la grâce d’Allah- un Sénégalais, Cheikh Lamine Ndiaye, lui conseilla d’aller au Sénégal voir un bienfaiteur nommé…Cheikh Saliou Mbacké, al-khafizoullah. «C’était impensable, avoue-t-il, je n’imaginais pas que je puisse avoir quoi que ce soit dans un pays aussi pauvre que le Sénégal.» Malgré ses nombreuses hésitations, l’Imam finit par se convaincre à faire le voyage en compagnie d’un certain Pape Dieng, actuellement en poste à la Présidence la République du Sénégal. «Je n’avais jamais entendu parler du Khalife général des mourides avant et rien ne prédestinait que je devais rencontrer un jour cet homme.» Mais les voies du mystère étant insondables, la rencontre avec Cheikh Saliou finit par se faire un jour. Souleymane Diouf, Moustapha Yassine et Atoumane Diagne, Hitzbutarkya, étaient de l’entrevue.
«Même si la maison coûtait 2 milliards, je l’achèterais»
«Quand nous lui avons exposé le problème, il nous a demandé ce que nous comptons réellement faire de cette maison. Nous avons répondu que nous comptons en faire un lieu où nous pourrions pratiquer notre culte, pouvoir donner à nos enfants un endroit où ils apprendraient le Coran et permettre aux non- Musulmans d’y rencontrer les Musulmans et de faire la connaissance de l’Islam», se remémore l’Imam, un brin nostalgique. Alors, à cet effet, le marabout répondit : «Même si elle coûtait 2 milliards, je l’achèterais.» Pour montrer son intérêt pour l’acquisition de cette demeure, le saint homme offrira 10 millions de FCfa à ses hôtes, en guise de bienvenue, pour rembourser leurs frais de voyages. À peine ont-ils quitté le Sénégal, l’Imam et ses coreligionnaires ont été surpris de voir que les envoyés spéciaux du vénéré Cheikh étaient déjà-là, en France. L’achat de la maison se fit cash devant un notaire. Et depuis ce jour, en plus de l’Imam, de nombreux Musulmans sont devenus de fervents mourides et ne témoignent que de la sainteté de Cheikh Saliou. Convenablement à ses vœux, les jeunes viennent ici étudier le Coran, les Musulmans y prier et les non- Musulmans s’y informent sur l’Islam. En cette période trouble où l’Islam, en France, est confondu au terrorisme et les Musulmans à des étrangers, les fidèles de Keur Sérigne Touba, eux, passent, aux yeux des Tabernaciens, pour «de bons citoyens Français».
Ici, malgré le froid qui s’abat sur toute l’Europe, se sont réunis depuis deux jours de nombreux musulmans venus de toutes les communes de France pour témoigner leur gratitude à un serviteur de Bamba : le vénéré Cheikh Saliou Mbacké. En ce jour de commémoration du départ à l’exil d’Ahmadou Bamba Mbacké, une conférence sur le Mouridisme et son enseignement a été organisée par le Centre culturel islamique. Devant plus de 300 personnes (nourries gratuitement pendant deux jours) en présence du préfet du département, du maire Maurice Boskaver et de l’attaché culturel de l’ambassade d’Iran, M. Abdallah Sahmi -un tunisien de 49 ans- et ses camarades ont débattu de l’Islam à travers le Mouridisme. Ayant vécu 13 années à l’ombre de Sérigne Saliou, le mouride tunisien a tenu à expliquer à l’assistance toute la portée de l’enseignement du saint homme.
Comme lui, l’Imam Cheikh Sango Ntchara Mamadou, 65 ans, président du Conseil islamique de France et Camerounais d’origine, n’a pas été avare en superlatif pour magnifier ce jour «dédié à un combattant de l’Islam, une fierté pour l’homme africain : Khadimoul Khadim». Si ce Camerounais de naissance en est arrivé à faire siens les enseignements du Serviteur du Prophète (PSL) et à clamer, haut et fort, être «le porte-flambeau du Sénégal en France», c’est qu’il lui est arrivé une de ces histoires extraordinaires qui n’arrivent qu’une seule fois dans la vie d’un homme et que l’on garde en mémoire durant toute son existence.
«On priait dans des caves de sous-sols, des garages»
Et il n’a jamais cessé de la narrer avec la fierté de l’homme comblé. Dans cette ville où toutes les communautés religieuses disposaient d’un lieu de culte, les Musulmans étaient les seuls à faire recours aux caves des sous-sols et garages pour pratiquer et s’acquitter de leur devoir de prières quotidiennes. Leurs enfants n’avaient aucune école pour apprendre le Coran, les Musulmans ne se voyaient qu’en petits groupes et les non- Musulmans les regardaient avec méfiance. Alors, pour sortir de la clandestinité, le Conseil islamique a demandé au maire de la commune de mettre à leur disposition un terrain pour en faire un lieu de culte. «C’était en 2001, se souvient l’Imam, et le maire Maurice Boskaver m’avait appelé dans son bureau pour me faire part de la vente de l’ancienne maison de la Ddass. «Si vous parvenez à l’acheter, vous pourrez en faire une mosquée», m’avait-il dit.» Comme depuis la loi de 1905 -la loi sur la laïcité qui a proclamé la séparation de l’Eglise et de l’Etat- l’argent public n’entre plus dans la construction et la gérance des lieux de culte, il lui fallait trouver des mécènes pour l’acquisition du bâtiment.
«Saoudiens et Emiratis ont dit non, Cheikh Saliou a dit oui»
Sa petite communauté a mis la main à la poche, mais les 30 millions de FCfa qu’elle a réussis à mettre en place paraissaient dérisoires, au vu des 300 millions demandés par le vendeur. «C’est ainsi qu’on a fait le tour du monde pour chercher des financements, se souvient l’Imam, mais les Saoudiens et les Emiratis qu’on a rencontrés ont refusé de donner leur argent.» Déboussolé, l’Imam était à deux doigts de jeter l’éponge, lorsque -par la grâce d’Allah- un Sénégalais, Cheikh Lamine Ndiaye, lui conseilla d’aller au Sénégal voir un bienfaiteur nommé…Cheikh Saliou Mbacké, al-khafizoullah. «C’était impensable, avoue-t-il, je n’imaginais pas que je puisse avoir quoi que ce soit dans un pays aussi pauvre que le Sénégal.» Malgré ses nombreuses hésitations, l’Imam finit par se convaincre à faire le voyage en compagnie d’un certain Pape Dieng, actuellement en poste à la Présidence la République du Sénégal. «Je n’avais jamais entendu parler du Khalife général des mourides avant et rien ne prédestinait que je devais rencontrer un jour cet homme.» Mais les voies du mystère étant insondables, la rencontre avec Cheikh Saliou finit par se faire un jour. Souleymane Diouf, Moustapha Yassine et Atoumane Diagne, Hitzbutarkya, étaient de l’entrevue.
«Même si la maison coûtait 2 milliards, je l’achèterais»
«Quand nous lui avons exposé le problème, il nous a demandé ce que nous comptons réellement faire de cette maison. Nous avons répondu que nous comptons en faire un lieu où nous pourrions pratiquer notre culte, pouvoir donner à nos enfants un endroit où ils apprendraient le Coran et permettre aux non- Musulmans d’y rencontrer les Musulmans et de faire la connaissance de l’Islam», se remémore l’Imam, un brin nostalgique. Alors, à cet effet, le marabout répondit : «Même si elle coûtait 2 milliards, je l’achèterais.» Pour montrer son intérêt pour l’acquisition de cette demeure, le saint homme offrira 10 millions de FCfa à ses hôtes, en guise de bienvenue, pour rembourser leurs frais de voyages. À peine ont-ils quitté le Sénégal, l’Imam et ses coreligionnaires ont été surpris de voir que les envoyés spéciaux du vénéré Cheikh étaient déjà-là, en France. L’achat de la maison se fit cash devant un notaire. Et depuis ce jour, en plus de l’Imam, de nombreux Musulmans sont devenus de fervents mourides et ne témoignent que de la sainteté de Cheikh Saliou. Convenablement à ses vœux, les jeunes viennent ici étudier le Coran, les Musulmans y prier et les non- Musulmans s’y informent sur l’Islam. En cette période trouble où l’Islam, en France, est confondu au terrorisme et les Musulmans à des étrangers, les fidèles de Keur Sérigne Touba, eux, passent, aux yeux des Tabernaciens, pour «de bons citoyens Français».
jeudi 4 février 2010
10 ans après le crash du Supersonique, la justice procède à l'autopsie du Concorde
Mardi après midi s’est ouvert à Pontoise le procès du crash du Concorde qui avait, en 2000, tué 113 personnes dans la banlieue parisienne. Face à face, les accusés et la partie civile font l’autopsie de celui qui devait être le roi des airs et qui s’est transformé en fournaises pour ses passagers. Mais en plus d’être l’examen médico-légal d’une invention technologique de notre temps, ce sera celui d’une course acharnée pour la maitrise des airs.
Ses promoteurs avaient dit de lui qu’il devait être l’avion du futur, mais le sort qui -ce 25 juillet 2000, à 16 heures 44 minutes- s’est acharné sur lui en a fait celui du passé. De sa mise en piste, en 1976, à son dernier tour de tarmac, le Concorde a connu 16 accidents graves et tous les experts savaient que ses pneus comme la fragilité de sa carlingue étaient ses Talons d’Achille, mais tout le monde s’est évertué à voir en lui le plus sérieux concurrent du Tupolev 154 qu’une certaine… URSS, -en rivalité avec l’occident, pendant la guerre froide- avait mis en ligne. Premiers avions à avoir dépassé le mur du son, ces deux supersoniques avaient éblouis le ciel de la capitale française et Paris leur servira, à tous les deux, de cimetières. Près de dix ans après le crash du vol AF4590 d’Air France, affrété par un voyagiste Allemand pour relier Paris à New York, s’est ouvert, le mardi 2 février dans l’après-midi, à Pontoise -à 30 km au nord-ouest de Paris- le procès de la catastrophe aérienne qui avait tué 113 passagers, personnels de bord et employés d’un hôtel de Gonesse sur lequel le Concorde était venu s’abattre. Ce jour-là, l’avion qui a pris son envol de l’aéroport de Roissy-Charles De-gaule était en flammes avant de s’abimer, deux minutes, après son décollage.
Un géant au mollet de coq
L’enquête ouverte par le Bureau Enquête Accident, BEA, avait conclu que «c’est l’un des pneus de l’avion qui a roulé sur une lamelle en titane tombée, accidentellement, d’un avion de Continental Airlines qui venait de décoller quelques minutes auparavant». Ensuite, le même rapport poursuit que «l’explosion du pneu a causé des rejets de particules qui ont touché les réservoirs. Le kérosène coulant des soutes a pris feu entrainant l’explosion de l’avion». Cette version retenue officiellement incrimine les Américains. Ces derniers ne voulant nullement être impliqués dans cet accident ont une toute autre lecture de l’affaire. Pour eux, «le Concorde était déjà en flammes avant de rouler, 700 mètres plus loin, sur la lamelle qui a fait éclater un des pneus». Cette dernière version a été confirmée par 28 témoins à l’instruction. Loin d’être exhaustive, la contre expertise américaine soutient aussi que «l’avion était en surcharge et souffrait d’un manque de maintenance qui aurait occasionné le manque d’une pièce dans le train d’atterrissage». Et les Français qui, avec ce crash, venaient de subir une cuisante déculottée dans la course au supersonique qui les opposait aux Russes avaient – en attendant de savoir toute la vérité- décidé d’indemniser les victimes.
Moyens exceptionnels pour un procès historique
De sources anonymes proches des avocats des parties civiles, «Air France et les assurances ont donné presque 153 millions d’Euros pour acheter le silence des familles allemandes et américaines afin qu’elles ne se présentent pas au procès». Ces dernières n’ont, cet après-midi, pas fait le déplacement. Mais celles des 4 employés de l’hôtel tués au sol n’ont jamais rien reçu. Alors, c’est pour espérer avoir réparation du préjudice qu’ils prétendent avoir subi que ces familles, épaulées par les syndicats du transport aérien et des familles de l’équipage se sont constituées parties civiles. Ils ont eu en face d’eux, dans le box des accusés, 6 personnes dont des membres de Continental Airlines, d’Air France et d’un responsable de la Direction Générale de l’Aviation Civile -DGAC. Ce procès ouvert en présence de tous les acteurs -et couvert par plus de 200 journalistes- est transmis sur écrans géants. Et la traduction simultanée du procès est effectuée en trois langues: Français, Allemand et Anglais. Comme l’avaient voulu les prometteurs du Concorde -Français et Anglais-, le procès du géant des ciels a, selon la greffière en chef du tribunal de Pontoise, mobilisé des moyens exceptionnels. Trois millions 193.973 euros ont déjà été dépensés pour l’instruction, les experts et les traducteurs. «162.928 euros sont prévus pour dédommager les différents intervenants et la rénovation du palais de justice a couté 481884 euros. Et la vérité reconnue par les juges ne sera connue dans cette affaire que dans quatre mois.
Babacar Touré
Journaliste-écrivain
kimikikiko@yahoo.fr
Ses promoteurs avaient dit de lui qu’il devait être l’avion du futur, mais le sort qui -ce 25 juillet 2000, à 16 heures 44 minutes- s’est acharné sur lui en a fait celui du passé. De sa mise en piste, en 1976, à son dernier tour de tarmac, le Concorde a connu 16 accidents graves et tous les experts savaient que ses pneus comme la fragilité de sa carlingue étaient ses Talons d’Achille, mais tout le monde s’est évertué à voir en lui le plus sérieux concurrent du Tupolev 154 qu’une certaine… URSS, -en rivalité avec l’occident, pendant la guerre froide- avait mis en ligne. Premiers avions à avoir dépassé le mur du son, ces deux supersoniques avaient éblouis le ciel de la capitale française et Paris leur servira, à tous les deux, de cimetières. Près de dix ans après le crash du vol AF4590 d’Air France, affrété par un voyagiste Allemand pour relier Paris à New York, s’est ouvert, le mardi 2 février dans l’après-midi, à Pontoise -à 30 km au nord-ouest de Paris- le procès de la catastrophe aérienne qui avait tué 113 passagers, personnels de bord et employés d’un hôtel de Gonesse sur lequel le Concorde était venu s’abattre. Ce jour-là, l’avion qui a pris son envol de l’aéroport de Roissy-Charles De-gaule était en flammes avant de s’abimer, deux minutes, après son décollage.
Un géant au mollet de coq
L’enquête ouverte par le Bureau Enquête Accident, BEA, avait conclu que «c’est l’un des pneus de l’avion qui a roulé sur une lamelle en titane tombée, accidentellement, d’un avion de Continental Airlines qui venait de décoller quelques minutes auparavant». Ensuite, le même rapport poursuit que «l’explosion du pneu a causé des rejets de particules qui ont touché les réservoirs. Le kérosène coulant des soutes a pris feu entrainant l’explosion de l’avion». Cette version retenue officiellement incrimine les Américains. Ces derniers ne voulant nullement être impliqués dans cet accident ont une toute autre lecture de l’affaire. Pour eux, «le Concorde était déjà en flammes avant de rouler, 700 mètres plus loin, sur la lamelle qui a fait éclater un des pneus». Cette dernière version a été confirmée par 28 témoins à l’instruction. Loin d’être exhaustive, la contre expertise américaine soutient aussi que «l’avion était en surcharge et souffrait d’un manque de maintenance qui aurait occasionné le manque d’une pièce dans le train d’atterrissage». Et les Français qui, avec ce crash, venaient de subir une cuisante déculottée dans la course au supersonique qui les opposait aux Russes avaient – en attendant de savoir toute la vérité- décidé d’indemniser les victimes.
Moyens exceptionnels pour un procès historique
De sources anonymes proches des avocats des parties civiles, «Air France et les assurances ont donné presque 153 millions d’Euros pour acheter le silence des familles allemandes et américaines afin qu’elles ne se présentent pas au procès». Ces dernières n’ont, cet après-midi, pas fait le déplacement. Mais celles des 4 employés de l’hôtel tués au sol n’ont jamais rien reçu. Alors, c’est pour espérer avoir réparation du préjudice qu’ils prétendent avoir subi que ces familles, épaulées par les syndicats du transport aérien et des familles de l’équipage se sont constituées parties civiles. Ils ont eu en face d’eux, dans le box des accusés, 6 personnes dont des membres de Continental Airlines, d’Air France et d’un responsable de la Direction Générale de l’Aviation Civile -DGAC. Ce procès ouvert en présence de tous les acteurs -et couvert par plus de 200 journalistes- est transmis sur écrans géants. Et la traduction simultanée du procès est effectuée en trois langues: Français, Allemand et Anglais. Comme l’avaient voulu les prometteurs du Concorde -Français et Anglais-, le procès du géant des ciels a, selon la greffière en chef du tribunal de Pontoise, mobilisé des moyens exceptionnels. Trois millions 193.973 euros ont déjà été dépensés pour l’instruction, les experts et les traducteurs. «162.928 euros sont prévus pour dédommager les différents intervenants et la rénovation du palais de justice a couté 481884 euros. Et la vérité reconnue par les juges ne sera connue dans cette affaire que dans quatre mois.
Babacar Touré
Journaliste-écrivain
kimikikiko@yahoo.fr
mercredi 3 février 2010
Energie
La Bin Ladin group dit ‘‘non’’ au Sénégal et achète les parts de Total dans le capital de la Sar
Considéré comme le Messie qui avec ses 210 milliards devait sortir le pays des ténèbres et renflouer les caisses de la Sar, La Bin Ladin group vient de dire ‘‘non’’ à sa fiancée pour Total. Au même moment la BNP paris-bas fatiguée de supporter les prix exorbitant auquel le Sénégal achète le brut quitte le pool bancaire et abandonne le pays à ses ténèbres.
Après Shell qui avait, il y’a quelques mois, quitté notre pays, en cessant toutes ses actions au Sénégal, c’est au tour du groupe Total-Fina-Elf d’abandonner la Sar à ses démons. L’ancien actionnaire majoritaire de la Sar s’est débarrassé de ses «encombrantes actions dans la raffinerie» au profit du fiancé de la future mariée, -la Sar. Partie prenante aux assises de Paris, le groupe saoudien qui était intéressé par les 34% que voulait lui céder le Sénégal a préféré s’approprier les 14% des parts que détenait Total dans le capital de la Sar. Cette décision, prise dans les journées du 12 au 14 janvier dernier à Paris, intervient quelques mois seulement après que le ministre de l’Energie ait déclaré devant le Parlement avoir trouvé un accord avec la Bin Ladin Group. À en croire M. Samuel Sarr le groupe saoudien aurait accepté de mettre plus de 200 milliards à la disposition de la Sar. Ayant suivi les pourparlers, un observateur affirme qu’il est trop tôt pour parler d’échec mais reconnait toutefois que «la complexité du montage financier peut amener certains à penser que c’est terminé ». «Mais, poursuit-il, les négociations peuvent être reprises à tout moment». Contrairement à la demande du Sénégal qui voulait les voir mettre 210 milliards up-front, le groupe saoudien a proposé à l’Etat de lui donner sa caution afin que le Sénégal puisse lever des crédits sur le marché bancaire.
La hantise des ténèbres revient
La rupture des fiançailles avec les arabes tombe au même moment où les Français de la Banque nationale de Paris, BNP-paris, se sont retirés du pool bancaire qui accompagnait le Sénégal dans le financement des Lettres de Crédits. Selon des sources proches de la banque, «les prix d’achat du brut, par le Sénégal, est trop élevé et personne ne peut continuer à supporter cet état de fait». C’est Arcadia, un groupe russo-nigérian, qui avait été retenu par le ministère de l’Energie pour la fourniture du Sénégal en brut. Et il vend le baril à Brent daté -c’est le prix de référence pour les produits pétroliers en provenance des pays anglophones- +7, 5$ US, alors que partout au monde il est vendu au maximum à +4$. Comme le Sénégal n’a plus les moyens de payer ses factures cash -soit 50 millions de $-, comme l’ont exigé les traders d’Arcadia, c’est la BNP-bas qui se portait garant pour permettre au pays de disposer du carburant. Le désistement cette banque intervient aussi dans un moment crucial : les machines de la Sar, faute de brut à traiter, sont aux arrêts depuis plus de 20 jours. Et cette situation, si elle n’est pas réglée, conduira, dans les jours à venir, à des ruptures de stocks. Cela aura comme conséquence la plongée prochaine du pays dans l’obscurité ; puisque la Sénélec ne fonctionne qu’avec ces produits livrés à la Sar. C’est pour masquer cette réalité que les officiels sénégalais se sont empressés, la semaine dernière, d’annoncer l’augmentation des prix de l’électricité et des produits pétroliers, en prétextant le faire sous le dictat de la banque mondiale.
Bacary Touré
Journaliste-écrivain
kimikikiko@yahoo.fr
La Bin Ladin group dit ‘‘non’’ au Sénégal et achète les parts de Total dans le capital de la Sar
Considéré comme le Messie qui avec ses 210 milliards devait sortir le pays des ténèbres et renflouer les caisses de la Sar, La Bin Ladin group vient de dire ‘‘non’’ à sa fiancée pour Total. Au même moment la BNP paris-bas fatiguée de supporter les prix exorbitant auquel le Sénégal achète le brut quitte le pool bancaire et abandonne le pays à ses ténèbres.
Après Shell qui avait, il y’a quelques mois, quitté notre pays, en cessant toutes ses actions au Sénégal, c’est au tour du groupe Total-Fina-Elf d’abandonner la Sar à ses démons. L’ancien actionnaire majoritaire de la Sar s’est débarrassé de ses «encombrantes actions dans la raffinerie» au profit du fiancé de la future mariée, -la Sar. Partie prenante aux assises de Paris, le groupe saoudien qui était intéressé par les 34% que voulait lui céder le Sénégal a préféré s’approprier les 14% des parts que détenait Total dans le capital de la Sar. Cette décision, prise dans les journées du 12 au 14 janvier dernier à Paris, intervient quelques mois seulement après que le ministre de l’Energie ait déclaré devant le Parlement avoir trouvé un accord avec la Bin Ladin Group. À en croire M. Samuel Sarr le groupe saoudien aurait accepté de mettre plus de 200 milliards à la disposition de la Sar. Ayant suivi les pourparlers, un observateur affirme qu’il est trop tôt pour parler d’échec mais reconnait toutefois que «la complexité du montage financier peut amener certains à penser que c’est terminé ». «Mais, poursuit-il, les négociations peuvent être reprises à tout moment». Contrairement à la demande du Sénégal qui voulait les voir mettre 210 milliards up-front, le groupe saoudien a proposé à l’Etat de lui donner sa caution afin que le Sénégal puisse lever des crédits sur le marché bancaire.
La hantise des ténèbres revient
La rupture des fiançailles avec les arabes tombe au même moment où les Français de la Banque nationale de Paris, BNP-paris, se sont retirés du pool bancaire qui accompagnait le Sénégal dans le financement des Lettres de Crédits. Selon des sources proches de la banque, «les prix d’achat du brut, par le Sénégal, est trop élevé et personne ne peut continuer à supporter cet état de fait». C’est Arcadia, un groupe russo-nigérian, qui avait été retenu par le ministère de l’Energie pour la fourniture du Sénégal en brut. Et il vend le baril à Brent daté -c’est le prix de référence pour les produits pétroliers en provenance des pays anglophones- +7, 5$ US, alors que partout au monde il est vendu au maximum à +4$. Comme le Sénégal n’a plus les moyens de payer ses factures cash -soit 50 millions de $-, comme l’ont exigé les traders d’Arcadia, c’est la BNP-bas qui se portait garant pour permettre au pays de disposer du carburant. Le désistement cette banque intervient aussi dans un moment crucial : les machines de la Sar, faute de brut à traiter, sont aux arrêts depuis plus de 20 jours. Et cette situation, si elle n’est pas réglée, conduira, dans les jours à venir, à des ruptures de stocks. Cela aura comme conséquence la plongée prochaine du pays dans l’obscurité ; puisque la Sénélec ne fonctionne qu’avec ces produits livrés à la Sar. C’est pour masquer cette réalité que les officiels sénégalais se sont empressés, la semaine dernière, d’annoncer l’augmentation des prix de l’électricité et des produits pétroliers, en prétextant le faire sous le dictat de la banque mondiale.
Bacary Touré
Journaliste-écrivain
kimikikiko@yahoo.fr
mardi 26 janvier 2010
Le règne de l’impunité et du mensonge
«J'aime la vérité. Je crois que l'humanité en a besoin ; mais elle a bien plus grand besoin encore du mensonge qui la flatte, la console, lui donne des espérances infinies. Sans le mensonge, elle périrait de désespoir et d'ennui.»
Anatole France
C’est avec stupeur que j’ai appris, lors de la conférence de presse organisée à Dakar par Me El’hadji Diouf et compagnie -mandatés pour défendre les officiels sénégalais-, que les avocats ont osé dire que Mame Madior et Youba Sambou avaient été totalement «blanchis» par la Cour de Cassation. Ayant couvert cette affaire pour le compte de l’Observateur, et étant foncièrement opposé au mensonge et à l’injustice, il est de mon devoir d’apporter ces précisons suivantes. Il n’y avait jamais, lors de l’audience du 5 janvier 2010, été question de juger de la culpabilité ou non de Mame Madior Boye et de Youba Sambou dans le naufrage du Joola. Lors de cette audience, le tribunal s’était penché sur le pourvoi introduit par les Conseils des parties civiles contre la décision de la 3e section de la cour d’Appel de Paris qui avait –le 16 juin 2009- décidé d’annuler les mandats d’arrêts internationaux décernés par M. Jean Wilfried Noël, ex-juge d’Instruction au Tribunal de Grande Instance d’Evry, à l’encontre de l’ex-pm et de son ministre des Forces armées. Aussi, le tribunal devait étudier la demande des avocats sénégalais d’annuler les 7 autres mandats que cette même cour d’Appel avait maintenus à l’encontre des «seconds couteaux».
Puisque la cour de Cassation est la plus haute juridiction en France, sa décision concernant Mame Madior Boye et Youba Sambou est définitive. Ces deux là ne seront plus menacés par la justice française. Comme pour eux, l’arrêt concernant Youssoupha Sakho et compagnie est irrévocable. Aucune juridiction, en France, n’est habilitée à entendre des avocats plaider leur cause ici; si n’est que lorsqu’ils seront incarcérés. Dès qu’ils mettront le bout du nez, hors du Sénégal, ils seront cueillis et conduits pieds et mains liés en France. Leur tenir tout autre langage que : «déchirez vos passeports et n’allez en vacances qu’au Sénégal» est un leurre. C’est fini, aucun avocat fut-il un «génie du show» de la trempe de Me El’hadji Diouf ne peut plus rien faire pour eux dans cette affaire.
Cette tentative de Me Massokhna Kane et compagnie de vouloir, vaille que vaille, présenter Mme Mame Madior Boye et Youba Sambou comme des victimes, -dans l’homicide involontaire et la non assistance des 2000 passagers du Joola-, est franchement répugnante, révoltante et source de frustration dont les conséquences présentes peuvent être traumatisantes, futures préjudiciables pour le pays. Dire que Mame Madior et Youba Sambou ont été blanchis est, je pèse mes mots- un grand mensonge, une tentative de désinformation. Pour être acquitté, il faut d’abord être jugé et à ma connaissance ils ne l’ont jamais été. Menacer de poursuites judiciaires quiconque mêlerait leurs noms à ce naufrage n’est rien d’autre que de la pure intimidation et cela, je peux vous assurer qu’elle ne passera point. Et ce pitoyable exercice de communication auquel ils se sont livrés, motivé par l’argent du contribuable que leur donne Wade pour tirer ses hommes d’affaire, est une insulte faite à la mémoire des disparus du Joola. Après avoir empêché au pays de faire son deuil -en refusant le renflouement du navire- le régime voudrait que les citoyens n’évoquent plus la mémoire des leurs. Qu’ils fassent table rase des naufragés, comme s’ils n’avaient jamais existé. C’est la pire des insultes qui puissent sortir de la bouche de quelqu’un- l’avocat député, le roi du Saloum- qui voudrait bien devenir le président du Sénégal.
Si leurs VIP de clients ont pu s’en tirer-je le rappelle, puisque j’ai suivi le procès et j’ai en ma possession l’arrêt de la cour de Cassation-, c’est parce qu’ils ont bénéficié de la bienveillance d’une «coutume internationale qui s’oppose à la poursuite des Etats devant les juridictions pénales d’un Etat étranger». Cette coutume, s’étendant aux organes et entités qui constituent l’émanation de l’Etat ainsi qu’à leurs agents en raison d’actes qui, comme en l’espèce, relèvent de la souveraineté de l’Etat concerné, ne pouvait que légaliser –à ne pas confondre avec légitimer- le rejet du pourvoi en cassation introduit par les parties civiles. C’est ce qu’a dit M. Pelletier, le président de la Cour, dans son arrêt. Rien d’autre. En terme simple, la cour de cassation a décidé que –comme la 3e section de la chambre d’Appel qui a annulé les mandats d’amener contre Mame Madior et Youba Sambou- elle est d’avis que ces deux personnalités ne doivent pas être arrêtées comme de vulgaires criminels et conduites en France ou y être entendues. Il est à déplorer que cela ne grandit pas Mame Madior et Youba Sambou.
En acceptant de se couvrir de leurs immunités, ils se soustraient à l’éclosion de la vérité. Leur attitude ressemble fort à celle d’un présumé assassin à qui on refuserait l’obligation de se présenter devant un juge pour lui éviter de faire face à un tribunal qui pourrait être amené à le condamner. C’est aussi simple que ça ! C’est le règne de l’impunité! Mais, jusqu’à la fin des temps, les noms d’Abdoulaye Wade, Mame Madior Boye, Youba Sambou et compagnie seront cités comme les seuls, les premiers et principaux responsables qui ont cautionné la mise à eau de cette épave dont ils n’ignoraient pas l’épouvantable condition. Et cela, peu importe les mille et une procédures judicaires que vous serez amenés à intenter contre ceux qui, comme moi, n’avaleront pas vos fausses informations. Qu’ils soient jugés par des juridictions humaines ou non, condamnés à des peines de prison ou blanchis, peu importe; ils n’échapperont pas au jugement et à la négative sanction de l’Histoire comme il est sûr et certain que celui divin ne les manquera pas non plus.
Bacary Touré
Journaliste écrivain
kimikikiko@yahoo.fr
«J'aime la vérité. Je crois que l'humanité en a besoin ; mais elle a bien plus grand besoin encore du mensonge qui la flatte, la console, lui donne des espérances infinies. Sans le mensonge, elle périrait de désespoir et d'ennui.»
Anatole France
C’est avec stupeur que j’ai appris, lors de la conférence de presse organisée à Dakar par Me El’hadji Diouf et compagnie -mandatés pour défendre les officiels sénégalais-, que les avocats ont osé dire que Mame Madior et Youba Sambou avaient été totalement «blanchis» par la Cour de Cassation. Ayant couvert cette affaire pour le compte de l’Observateur, et étant foncièrement opposé au mensonge et à l’injustice, il est de mon devoir d’apporter ces précisons suivantes. Il n’y avait jamais, lors de l’audience du 5 janvier 2010, été question de juger de la culpabilité ou non de Mame Madior Boye et de Youba Sambou dans le naufrage du Joola. Lors de cette audience, le tribunal s’était penché sur le pourvoi introduit par les Conseils des parties civiles contre la décision de la 3e section de la cour d’Appel de Paris qui avait –le 16 juin 2009- décidé d’annuler les mandats d’arrêts internationaux décernés par M. Jean Wilfried Noël, ex-juge d’Instruction au Tribunal de Grande Instance d’Evry, à l’encontre de l’ex-pm et de son ministre des Forces armées. Aussi, le tribunal devait étudier la demande des avocats sénégalais d’annuler les 7 autres mandats que cette même cour d’Appel avait maintenus à l’encontre des «seconds couteaux».
Puisque la cour de Cassation est la plus haute juridiction en France, sa décision concernant Mame Madior Boye et Youba Sambou est définitive. Ces deux là ne seront plus menacés par la justice française. Comme pour eux, l’arrêt concernant Youssoupha Sakho et compagnie est irrévocable. Aucune juridiction, en France, n’est habilitée à entendre des avocats plaider leur cause ici; si n’est que lorsqu’ils seront incarcérés. Dès qu’ils mettront le bout du nez, hors du Sénégal, ils seront cueillis et conduits pieds et mains liés en France. Leur tenir tout autre langage que : «déchirez vos passeports et n’allez en vacances qu’au Sénégal» est un leurre. C’est fini, aucun avocat fut-il un «génie du show» de la trempe de Me El’hadji Diouf ne peut plus rien faire pour eux dans cette affaire.
Cette tentative de Me Massokhna Kane et compagnie de vouloir, vaille que vaille, présenter Mme Mame Madior Boye et Youba Sambou comme des victimes, -dans l’homicide involontaire et la non assistance des 2000 passagers du Joola-, est franchement répugnante, révoltante et source de frustration dont les conséquences présentes peuvent être traumatisantes, futures préjudiciables pour le pays. Dire que Mame Madior et Youba Sambou ont été blanchis est, je pèse mes mots- un grand mensonge, une tentative de désinformation. Pour être acquitté, il faut d’abord être jugé et à ma connaissance ils ne l’ont jamais été. Menacer de poursuites judiciaires quiconque mêlerait leurs noms à ce naufrage n’est rien d’autre que de la pure intimidation et cela, je peux vous assurer qu’elle ne passera point. Et ce pitoyable exercice de communication auquel ils se sont livrés, motivé par l’argent du contribuable que leur donne Wade pour tirer ses hommes d’affaire, est une insulte faite à la mémoire des disparus du Joola. Après avoir empêché au pays de faire son deuil -en refusant le renflouement du navire- le régime voudrait que les citoyens n’évoquent plus la mémoire des leurs. Qu’ils fassent table rase des naufragés, comme s’ils n’avaient jamais existé. C’est la pire des insultes qui puissent sortir de la bouche de quelqu’un- l’avocat député, le roi du Saloum- qui voudrait bien devenir le président du Sénégal.
Si leurs VIP de clients ont pu s’en tirer-je le rappelle, puisque j’ai suivi le procès et j’ai en ma possession l’arrêt de la cour de Cassation-, c’est parce qu’ils ont bénéficié de la bienveillance d’une «coutume internationale qui s’oppose à la poursuite des Etats devant les juridictions pénales d’un Etat étranger». Cette coutume, s’étendant aux organes et entités qui constituent l’émanation de l’Etat ainsi qu’à leurs agents en raison d’actes qui, comme en l’espèce, relèvent de la souveraineté de l’Etat concerné, ne pouvait que légaliser –à ne pas confondre avec légitimer- le rejet du pourvoi en cassation introduit par les parties civiles. C’est ce qu’a dit M. Pelletier, le président de la Cour, dans son arrêt. Rien d’autre. En terme simple, la cour de cassation a décidé que –comme la 3e section de la chambre d’Appel qui a annulé les mandats d’amener contre Mame Madior et Youba Sambou- elle est d’avis que ces deux personnalités ne doivent pas être arrêtées comme de vulgaires criminels et conduites en France ou y être entendues. Il est à déplorer que cela ne grandit pas Mame Madior et Youba Sambou.
En acceptant de se couvrir de leurs immunités, ils se soustraient à l’éclosion de la vérité. Leur attitude ressemble fort à celle d’un présumé assassin à qui on refuserait l’obligation de se présenter devant un juge pour lui éviter de faire face à un tribunal qui pourrait être amené à le condamner. C’est aussi simple que ça ! C’est le règne de l’impunité! Mais, jusqu’à la fin des temps, les noms d’Abdoulaye Wade, Mame Madior Boye, Youba Sambou et compagnie seront cités comme les seuls, les premiers et principaux responsables qui ont cautionné la mise à eau de cette épave dont ils n’ignoraient pas l’épouvantable condition. Et cela, peu importe les mille et une procédures judicaires que vous serez amenés à intenter contre ceux qui, comme moi, n’avaleront pas vos fausses informations. Qu’ils soient jugés par des juridictions humaines ou non, condamnés à des peines de prison ou blanchis, peu importe; ils n’échapperont pas au jugement et à la négative sanction de l’Histoire comme il est sûr et certain que celui divin ne les manquera pas non plus.
Bacary Touré
Journaliste écrivain
kimikikiko@yahoo.fr
dimanche 10 janvier 2010
Grippe A : " Ils ont organisé la psychose "
Wolfgang Wodarg : L’affaire de la grippe A est une arnaque !
Il a obtenu le lancement d’une enquête de la commission sur le rôle joué par les laboratoires dans la campagne de panique autour du virus. Entretien sans détour.
Ex-membre du SPD, Wolfgang Wodarg est médecin et épidémiologiste. Il a obtenu à l’unanimité des membres de la commission santé du Conseil de l’Europe une commission d’enquête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion de la grippe A par l’OMS et les états.
- Qu’est ce qui a attiré vos soupçons dans la prise d’influence des laboratoires sur les décisions prises à l’égard de la grippe A ?
- Wolfgang Wodarg : «Nous sommes confrontés à un échec des grandes institutions nationales, chargées d’alerter sur les risques et d’y répondre au cas où une pandémie survient. En avril quand la première alarme est venue de Mexico j’ai été très surpris des chiffres qu’avançait l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour justifier de la proclamation d’une pandémie. J’ai eu tout de suite des soupçons : les chiffres étaient très faibles et le niveau d’alarme très élevé. On en était à même pas mille malades que l’on parlait déjà de pandémie du siècle. Et l’alerte extrême décrétée était fondée sur le fait que le virus était nouveau. Mais la caractéristique des maladies grippales, c’est de se développer très vite avec des virus qui prennent à chaque fois de nouvelles formes, en s’installant chez de nouveaux hôtes, l’animal, l’homme etc. Il n’y avait rien de nouveau en soi à cela. Chaque année apparaît un nouveau virus de ce type "grippal". En réalité rien ne justifiait de sonner l’alerte à ce niveau. Cela n’a été possible que parce que l’OMS a changé début mai sa définition de la pandémie. Avant cette date il fallait non seulement que la maladie éclate dans plusieurs pays à la fois mais aussi qu’elle ait des conséquences très graves avec un nombre de cas mortels au dessus des moyennes habituelles. On a rayé cet aspect dans la nouvelle définition pour ne retenir que le critère du rythme de diffusion de la maladie. Et on a prétendu que le virus était dangereux car les populations n’avaient pas pu développer de défenses immunitaires contre lui. Ce qui était faux pour ce virus. Car on a pu observer que des gens âgés de plus de 60 ans avaient déjà des anticorps. C’est-à-dire qu’ils avaient déjà été en contact avec des virus analogues. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs il n’y a pratiquement pas eu de personnes âgées de plus de 60 ans qui aient développé la maladie. C’est pourtant à celles là qu’on a recommandé de se faire vacciner rapidement. Dans les choses qui ont suscité mes soupçons il y a donc eu d’un côté cette volonté de sonner l’alerte. Et de l’autre des faits très curieux. Comme par exemple la recommandation par l’OMS de procéder à deux injections pour les vaccins. Ca n’avait jamais été le cas auparavant. Il n’y avait aucune justification scientifique à cela. I y a eu aussi cette recommandation de n’utiliser que des vaccins brevetés particuliers. Il n’existait pourtant aucune raison à ce que l’on n’ajoute pas, comme on le fait chaque année, des particules antivirales spécifiques de ce nouveau virus H1N1, " complétant " les vaccins servant à la grippe saisonnière. On ne l’a pas fait car on a préféré utiliser des matériaux vaccinaux brevetés que les grands laboratoires avaient élaborés et fabriqués pour se tenir prêts en cas de développement d’une pandémie. Et en procédant de cette façon on n’a pas hésité à mettre en danger les personnes vaccinées
- Quel danger ?
- Pour aller vite dans la mise à disposition des produits on a utilisé des adjuvants dans certains vaccins, dont les effets n’ont pas été suffisamment testés. Autrement dit : on a voulu absolument utiliser ces produits brevetés nouveaux au lieu de mettre au point des vaccins selon des méthodes de fabrication traditionnelles bien plus simples, fiables et moins coûteuses. Il n’y avait aucune raison médicale à cela. Uniquement des raisons de marketing.
- Comment a-t-on pu justifier de cela?
- Pour comprendre il faut en revenir à l’épisode de la grippe aviaire de 2005 - 2006. C’est à cette occasion-là qu’ont été définis les nouveaux plans internationaux destinés à faire face à une alarme pandémique. Ces plans ont été élaborés officiellement pour garantir une fabrication rapide de vaccins en cas d’alerte. Cela a donné lieu à une négociation entre les firmes pharmaceutiques et les Etats. D’un côté les labos s’engageaient à se ternir prêts à élaborer les préparations, de l’autre les Etats leur assuraient qu’ils leur achèteraient bien tout cela. Au terme de ce drôle de marché l’industrie pharmaceutique ne prenait aucun risque économique en s’engageant dans les nouvelles fabrications. Et elle était assurée de toucher le jack pot en cas de déclenchement d’une pandémie.
- Vous contestez les diagnostics établis et la gravité, même potentielle, de la grippe A?
- Oui, c’est une grippe tout ce qu’il y a de plus normal. Elle ne provoque qu’un dixième des décès occasionnés par la grippe saisonnière classique. Tout ce qui importait et tout ce qui a conduit à la formidable campagne de panique à laquelle on a assisté, c’est qu’elle constituait une occasion en or pour les représentants des labos qui savaient qu’ils toucheraient le gros lot en cas de proclamation de pandémie.
- Ce sont de très graves accusations que vous portez là. Comment un tel processus a-t-il été rendu possible au sein de l’OMS?
- Un groupe de personnes à l’OMS est associé de manière très étroite à l’industrie pharmaceutique.
- L’enquête du conseil de l’Europe va travailler aussi dans cette direction?
- Nous voulons faire la lumière sur tout ce qui a pu rendre cette formidable opération d’intox. Nous voulons savoir qui a décidé, sur la base de quelles preuves scientifiques, et comment s’est exercé précisément l’influence de l’industrie pharmaceutique dans la prise de décision. Et nous devons, enfin, présenter des revendications aux gouvernements. L’objectif de la commission d’enquête est qu’il n’y ait plus à l’avenir de fausses alertes de ce genre. Que la population puisse se reposer sur l’analyse, l’expertise des instituions publiques nationales et internationales. Celles-ci sont aujourd’hui discréditées car des millions de personnes ont été vaccinés avec des produits présentant d’éventuelles risques pour leur santé. Cela n’était pas nécessaire. Tout cela a débouché aussi sur une gabegie d’argent public considérable.
- Avez-vous des chiffres concrets sur l’ampleur de cette gabegie?
- En Allemagne, ce sont 700 millions d’euros. En France, ce sont 95 millions de doses qui ont été commandées pour deux tours de vaccination. Plus de 869 millions d’euros du contribuable ont été utilisés. Mais, seules 5 millions de personnes ont accepté de se faire vacciner. Et la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé au cours de la semaine avoir résilié le contrat de 50 millions de doses que devaient lui fournir des laboratoires. «Ces doses n’avaient été ni payées ni livrées», avait précisé la ministre. Aujourd’hui elle déclare qu’elle cherche à vendre ces produits dont personne ne veut en France à des pays du tiers-monde comme le Qatar, l’Egypte etc. Et a annoncé avoir offert 10 millions de doses à l’OMS pour qu’on le donne à des pays pauvres pour qu’ils l’inoculent à leurs concitoyens. Voila où est-ce qu’on est avec les gouvernements qui ont communiqué. Mais il est très difficile de connaître les chiffres précis car on parle maintenant d’un côté de reventes de vaccins à des pays étrangers et surtout les firmes ne communiquent pas, au nom du principe du respect du " secret des affaires" les chiffres des contrats passés avec les Etats et les éventuelles clauses de dédommagements qui y figurent.
- Le travail de "lobbying" des labos sur les instituts de santé nationaux sera-t-il aussi traité par l’enquête du conseil de l’Europe?
- Oui nous nous pencherons sur l’attitude des instituts comme le Robert Koch en Allemagne ou Pasteur en France qui aurait dû, en réalité, conseiller leurs gouvernements de façon critique. Dans certains pays des institutions l’ont fait. En Finlande ou en Pologne, par exemple, des voix critiques se sont élevées pour dire : " nous n’avons pas besoin de cela ".
- La formidable opération d’intox planétaire n’a-t-elle pas été possible aussi parce que l’industrie pharmaceutique avait "ses représentants" jusque dans les gouvernements des pays les plus puissants?
- Dans les ministères cela me paraît évident. Je ne peux pas m’expliquer comment des spécialistes, des gens très intelligents qui connaissent par cœur la problématique des maladies grippales, n’aient pas remarqué ce qui était en train de se produire.
- Que s’est-il passé alors?
- Sans aller jusqu’à la corruption directe qui, j’en suis certain, existe, il y a eu mille manières pour les labos d’exercer leur influence sur les décisions. J’ai pu constater très concrètement, par exemple, comment Klaus Stöhr qui était le chef du département épidémiologique de l’OMS, à l’époque de la grippe aviaire, et qui donc a préparé les plans destinés à faire face à une pandémie que j’évoquais plus haut, était devenu entre temps un haut cadre de la société Novartis. Et des liens semblables existent entre Glaxo ou Baxter (etc.) et des membres influents de l’OMS. Ces grandes firmes ont " leurs gens " dans les appareils et se débrouillent ensuite pour que les bonnes décisions politiques soient prises. C’est-à-dire celles qui leur permettent de pomper le maximum d’argent des contribuables.
- Mais si votre enquête aboutit, ne sera-t-elle pas un appui pour les citoyens d’exiger de leurs gouvernements qu’ils demandent des comptes à ces grands groupes?
- Oui, vous avez raison, c’est l’un des grands enjeux lié à cette enquête. Les états pourraient en effet se saisir de cela pour contester des contrats passés dans des conditions, disons, pas très propres. S’il peut être prouvé que c’est la prise d’influence des firmes qui a conduit au déclenchement du processus, alors il faudra les pousser à ce qu’ils demandent à être remboursés. Mais ça, c’est uniquement le côté financier, il y a aussi le côté humain, celui des personnes qui ont été vaccinés avec des produits qui ont été insuffisamment testés.
- Quels types de risques ont donc pris, sans qu’ils le sachent, ces gens en bonne santé en se faisant vacciner?
- Je le répète les vaccins ont été élaborés trop rapidement, certains adjuvants insuffisamment testés. Mais, il y a plus grave. Le vaccin élaboré par la société Novartis a été produit dans un bioréacteur à partir de cellules cancéreuses. Une technique qui n’avait jamais été utilisée jusqu’à aujourd’hui.
- Pourquoi, je ne suis évidemment pas un spécialiste, mais comment peut-on prétendre faire un vaccin à partir de cellules malades?
- Normalement on utilise des œufs de poules sur lesquels les virus sont cultivés. On a besoin, en effet, de travailler sur des cellules vivantes. Car les virus ne peuvent se multiplier que de cette manière et donc, par définition, les préparations antivirus qui vont avec. Mais ce procédé présente un gros défaut, il est lent, il faut beaucoup d’œufs. Et il est long et complexe sur le plan technique. Une autre technique au potentiel remarquable consiste à cultiver les virus sur des cellules vivantes dans des bioréacteurs. Pour cela il faut des cellules qui croissent et se divisent très vite. C’est un peu le procédé que l’on utilise pour la culture du yaourt que l’on réalise d’ailleurs aussi dans un bioréacteur. Mais dans ce contexte, la cellule a été tellement bouleversée dans son environnement et sa croissance qu’elle croit comme une cellule cancéreuse. Et, c’est sur ces cellules au rendement très élevé que l’on cultive les virus. Seulement pour fabriquer le vaccin il faut extraire à nouveau les virus de ces cellules sur lesquelles ils ont été implantés. Et il peut donc se produire que durant le processus de fabrication du vaccin des restes de cellule cancéreuse demeurent dans la préparation. Comme cela se produit dans la fabrication classique avec les œufs. On sait, ainsi, que dans le cas d’une vaccination de la grippe classique des effets secondaires peuvent apparaître chez les personnes qui sont allergiques à l’ovalbumine que l’on trouve dans le blanc d’œuf. Il ne peut donc pas être exclu que des protéines, restes d’une cellule cancéreuse présentes dans un vaccin fabriqué par bioréacteur, n’engendre une tumeur sur la personne vaccinée. Selon un vrai principe de précaution il faudrait donc, avant qu’un tel produit ne soit autorisé sur le marché, avoir la certitude à 100% que de tels effets sont réellement exclus.
- Et cela n’a pas été fait ?
- On ne l’a pas fait. L’AME (Agence Européenne du Médicament), une institution sous la responsabilité du commissaire européen à l’économie, basée à Londres, qui donne les autorisations de mise sur le marché des vaccins en Europe, a donné son feu vert à la commercialisation de ce produit en arguant, en l’occurrence, que ce mode de fabrication ne constituait pas un risque " significatif ". Cela a été très différemment apprécié par de nombreux spécialistes ici -en Allemagne- et une institution indépendante sur le médicament, qui ont au contraire alerté et fait part de leurs objections. J’ai pris ces avertissements au sérieux. J’ai étudié le dossier et suis intervenu dans le cadre de la commission santé du Bundestag dont j’étais alors membre pour que le vaccin ne soit pas utilisé en Allemagne. J’ai fait savoir que je n’étais certainement pas opposé à l’élaboration de vaccins avec cette technique. Mais qu’il fallait d’abord avoir une garantie totale d’innocuité. Le produit n’a donc pas été utilisé en Allemagne où le gouvernement a résilié le contrat avec Novartis.
- Quel est le nom de ce vaccin ?
- Obta flu.
- Mais cela veut dire que dans d’autres pays européens comme la France le produit peut être commercialisé sans problème ?
- Oui, il a obtenu l’autorisation de l’AME et peut donc être utilisé partout dans l’Union Européenne.
- Quelle alternative entendez-vous faire avancer pour que l’on échappe à de nouveaux scandales de ce type?
- Il faudrait que l’OMS soit plus transparente, que l’on sache clairement qui décide et quels types de relation existent entre les participants dans l’organisation. Il conviendrait aussi qu’elle soit au moins flanquée d’une chambre d’élue, capable de réagir de façon très critique où chacun puisse s’exprimer. Ce renforcement du contrôle par le public est indispensable.
- Pouvons-nous encore laisser la production de vaccins et la conduite de ces productions à des organisations dont l’objectif est de gagner le plus possible d’argent? Ou bien la production de vaccins n’est-elle pas quelque chose du domaine par excellence, que les Etats doivent contrôler et mettre en œuvre eux même?
- C’est la raison pour laquelle je pense qu’il faut abandonner le système des brevets sur les vaccins. C’est-à-dire la possibilité d’une monopolisation de la production de vaccin par un grand groupe. Car cette possibilité suppose que l’on sacrifie des milliers de vies humaines, simplement au nom du respect de ces droits monopolistiques. Vous avez raison, cette revendication-là a pris, en tout cas pour moi, l’aspect de l’évidence.
Entretien réalisé par Bruno Odent l’humanité
Wolfgang Wodarg : L’affaire de la grippe A est une arnaque !
Il a obtenu le lancement d’une enquête de la commission sur le rôle joué par les laboratoires dans la campagne de panique autour du virus. Entretien sans détour.
Ex-membre du SPD, Wolfgang Wodarg est médecin et épidémiologiste. Il a obtenu à l’unanimité des membres de la commission santé du Conseil de l’Europe une commission d’enquête sur le rôle des firmes pharmaceutiques dans la gestion de la grippe A par l’OMS et les états.
- Qu’est ce qui a attiré vos soupçons dans la prise d’influence des laboratoires sur les décisions prises à l’égard de la grippe A ?
- Wolfgang Wodarg : «Nous sommes confrontés à un échec des grandes institutions nationales, chargées d’alerter sur les risques et d’y répondre au cas où une pandémie survient. En avril quand la première alarme est venue de Mexico j’ai été très surpris des chiffres qu’avançait l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour justifier de la proclamation d’une pandémie. J’ai eu tout de suite des soupçons : les chiffres étaient très faibles et le niveau d’alarme très élevé. On en était à même pas mille malades que l’on parlait déjà de pandémie du siècle. Et l’alerte extrême décrétée était fondée sur le fait que le virus était nouveau. Mais la caractéristique des maladies grippales, c’est de se développer très vite avec des virus qui prennent à chaque fois de nouvelles formes, en s’installant chez de nouveaux hôtes, l’animal, l’homme etc. Il n’y avait rien de nouveau en soi à cela. Chaque année apparaît un nouveau virus de ce type "grippal". En réalité rien ne justifiait de sonner l’alerte à ce niveau. Cela n’a été possible que parce que l’OMS a changé début mai sa définition de la pandémie. Avant cette date il fallait non seulement que la maladie éclate dans plusieurs pays à la fois mais aussi qu’elle ait des conséquences très graves avec un nombre de cas mortels au dessus des moyennes habituelles. On a rayé cet aspect dans la nouvelle définition pour ne retenir que le critère du rythme de diffusion de la maladie. Et on a prétendu que le virus était dangereux car les populations n’avaient pas pu développer de défenses immunitaires contre lui. Ce qui était faux pour ce virus. Car on a pu observer que des gens âgés de plus de 60 ans avaient déjà des anticorps. C’est-à-dire qu’ils avaient déjà été en contact avec des virus analogues. C’est la raison pour laquelle d’ailleurs il n’y a pratiquement pas eu de personnes âgées de plus de 60 ans qui aient développé la maladie. C’est pourtant à celles là qu’on a recommandé de se faire vacciner rapidement. Dans les choses qui ont suscité mes soupçons il y a donc eu d’un côté cette volonté de sonner l’alerte. Et de l’autre des faits très curieux. Comme par exemple la recommandation par l’OMS de procéder à deux injections pour les vaccins. Ca n’avait jamais été le cas auparavant. Il n’y avait aucune justification scientifique à cela. I y a eu aussi cette recommandation de n’utiliser que des vaccins brevetés particuliers. Il n’existait pourtant aucune raison à ce que l’on n’ajoute pas, comme on le fait chaque année, des particules antivirales spécifiques de ce nouveau virus H1N1, " complétant " les vaccins servant à la grippe saisonnière. On ne l’a pas fait car on a préféré utiliser des matériaux vaccinaux brevetés que les grands laboratoires avaient élaborés et fabriqués pour se tenir prêts en cas de développement d’une pandémie. Et en procédant de cette façon on n’a pas hésité à mettre en danger les personnes vaccinées
- Quel danger ?
- Pour aller vite dans la mise à disposition des produits on a utilisé des adjuvants dans certains vaccins, dont les effets n’ont pas été suffisamment testés. Autrement dit : on a voulu absolument utiliser ces produits brevetés nouveaux au lieu de mettre au point des vaccins selon des méthodes de fabrication traditionnelles bien plus simples, fiables et moins coûteuses. Il n’y avait aucune raison médicale à cela. Uniquement des raisons de marketing.
- Comment a-t-on pu justifier de cela?
- Pour comprendre il faut en revenir à l’épisode de la grippe aviaire de 2005 - 2006. C’est à cette occasion-là qu’ont été définis les nouveaux plans internationaux destinés à faire face à une alarme pandémique. Ces plans ont été élaborés officiellement pour garantir une fabrication rapide de vaccins en cas d’alerte. Cela a donné lieu à une négociation entre les firmes pharmaceutiques et les Etats. D’un côté les labos s’engageaient à se ternir prêts à élaborer les préparations, de l’autre les Etats leur assuraient qu’ils leur achèteraient bien tout cela. Au terme de ce drôle de marché l’industrie pharmaceutique ne prenait aucun risque économique en s’engageant dans les nouvelles fabrications. Et elle était assurée de toucher le jack pot en cas de déclenchement d’une pandémie.
- Vous contestez les diagnostics établis et la gravité, même potentielle, de la grippe A?
- Oui, c’est une grippe tout ce qu’il y a de plus normal. Elle ne provoque qu’un dixième des décès occasionnés par la grippe saisonnière classique. Tout ce qui importait et tout ce qui a conduit à la formidable campagne de panique à laquelle on a assisté, c’est qu’elle constituait une occasion en or pour les représentants des labos qui savaient qu’ils toucheraient le gros lot en cas de proclamation de pandémie.
- Ce sont de très graves accusations que vous portez là. Comment un tel processus a-t-il été rendu possible au sein de l’OMS?
- Un groupe de personnes à l’OMS est associé de manière très étroite à l’industrie pharmaceutique.
- L’enquête du conseil de l’Europe va travailler aussi dans cette direction?
- Nous voulons faire la lumière sur tout ce qui a pu rendre cette formidable opération d’intox. Nous voulons savoir qui a décidé, sur la base de quelles preuves scientifiques, et comment s’est exercé précisément l’influence de l’industrie pharmaceutique dans la prise de décision. Et nous devons, enfin, présenter des revendications aux gouvernements. L’objectif de la commission d’enquête est qu’il n’y ait plus à l’avenir de fausses alertes de ce genre. Que la population puisse se reposer sur l’analyse, l’expertise des instituions publiques nationales et internationales. Celles-ci sont aujourd’hui discréditées car des millions de personnes ont été vaccinés avec des produits présentant d’éventuelles risques pour leur santé. Cela n’était pas nécessaire. Tout cela a débouché aussi sur une gabegie d’argent public considérable.
- Avez-vous des chiffres concrets sur l’ampleur de cette gabegie?
- En Allemagne, ce sont 700 millions d’euros. En France, ce sont 95 millions de doses qui ont été commandées pour deux tours de vaccination. Plus de 869 millions d’euros du contribuable ont été utilisés. Mais, seules 5 millions de personnes ont accepté de se faire vacciner. Et la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a annoncé au cours de la semaine avoir résilié le contrat de 50 millions de doses que devaient lui fournir des laboratoires. «Ces doses n’avaient été ni payées ni livrées», avait précisé la ministre. Aujourd’hui elle déclare qu’elle cherche à vendre ces produits dont personne ne veut en France à des pays du tiers-monde comme le Qatar, l’Egypte etc. Et a annoncé avoir offert 10 millions de doses à l’OMS pour qu’on le donne à des pays pauvres pour qu’ils l’inoculent à leurs concitoyens. Voila où est-ce qu’on est avec les gouvernements qui ont communiqué. Mais il est très difficile de connaître les chiffres précis car on parle maintenant d’un côté de reventes de vaccins à des pays étrangers et surtout les firmes ne communiquent pas, au nom du principe du respect du " secret des affaires" les chiffres des contrats passés avec les Etats et les éventuelles clauses de dédommagements qui y figurent.
- Le travail de "lobbying" des labos sur les instituts de santé nationaux sera-t-il aussi traité par l’enquête du conseil de l’Europe?
- Oui nous nous pencherons sur l’attitude des instituts comme le Robert Koch en Allemagne ou Pasteur en France qui aurait dû, en réalité, conseiller leurs gouvernements de façon critique. Dans certains pays des institutions l’ont fait. En Finlande ou en Pologne, par exemple, des voix critiques se sont élevées pour dire : " nous n’avons pas besoin de cela ".
- La formidable opération d’intox planétaire n’a-t-elle pas été possible aussi parce que l’industrie pharmaceutique avait "ses représentants" jusque dans les gouvernements des pays les plus puissants?
- Dans les ministères cela me paraît évident. Je ne peux pas m’expliquer comment des spécialistes, des gens très intelligents qui connaissent par cœur la problématique des maladies grippales, n’aient pas remarqué ce qui était en train de se produire.
- Que s’est-il passé alors?
- Sans aller jusqu’à la corruption directe qui, j’en suis certain, existe, il y a eu mille manières pour les labos d’exercer leur influence sur les décisions. J’ai pu constater très concrètement, par exemple, comment Klaus Stöhr qui était le chef du département épidémiologique de l’OMS, à l’époque de la grippe aviaire, et qui donc a préparé les plans destinés à faire face à une pandémie que j’évoquais plus haut, était devenu entre temps un haut cadre de la société Novartis. Et des liens semblables existent entre Glaxo ou Baxter (etc.) et des membres influents de l’OMS. Ces grandes firmes ont " leurs gens " dans les appareils et se débrouillent ensuite pour que les bonnes décisions politiques soient prises. C’est-à-dire celles qui leur permettent de pomper le maximum d’argent des contribuables.
- Mais si votre enquête aboutit, ne sera-t-elle pas un appui pour les citoyens d’exiger de leurs gouvernements qu’ils demandent des comptes à ces grands groupes?
- Oui, vous avez raison, c’est l’un des grands enjeux lié à cette enquête. Les états pourraient en effet se saisir de cela pour contester des contrats passés dans des conditions, disons, pas très propres. S’il peut être prouvé que c’est la prise d’influence des firmes qui a conduit au déclenchement du processus, alors il faudra les pousser à ce qu’ils demandent à être remboursés. Mais ça, c’est uniquement le côté financier, il y a aussi le côté humain, celui des personnes qui ont été vaccinés avec des produits qui ont été insuffisamment testés.
- Quels types de risques ont donc pris, sans qu’ils le sachent, ces gens en bonne santé en se faisant vacciner?
- Je le répète les vaccins ont été élaborés trop rapidement, certains adjuvants insuffisamment testés. Mais, il y a plus grave. Le vaccin élaboré par la société Novartis a été produit dans un bioréacteur à partir de cellules cancéreuses. Une technique qui n’avait jamais été utilisée jusqu’à aujourd’hui.
- Pourquoi, je ne suis évidemment pas un spécialiste, mais comment peut-on prétendre faire un vaccin à partir de cellules malades?
- Normalement on utilise des œufs de poules sur lesquels les virus sont cultivés. On a besoin, en effet, de travailler sur des cellules vivantes. Car les virus ne peuvent se multiplier que de cette manière et donc, par définition, les préparations antivirus qui vont avec. Mais ce procédé présente un gros défaut, il est lent, il faut beaucoup d’œufs. Et il est long et complexe sur le plan technique. Une autre technique au potentiel remarquable consiste à cultiver les virus sur des cellules vivantes dans des bioréacteurs. Pour cela il faut des cellules qui croissent et se divisent très vite. C’est un peu le procédé que l’on utilise pour la culture du yaourt que l’on réalise d’ailleurs aussi dans un bioréacteur. Mais dans ce contexte, la cellule a été tellement bouleversée dans son environnement et sa croissance qu’elle croit comme une cellule cancéreuse. Et, c’est sur ces cellules au rendement très élevé que l’on cultive les virus. Seulement pour fabriquer le vaccin il faut extraire à nouveau les virus de ces cellules sur lesquelles ils ont été implantés. Et il peut donc se produire que durant le processus de fabrication du vaccin des restes de cellule cancéreuse demeurent dans la préparation. Comme cela se produit dans la fabrication classique avec les œufs. On sait, ainsi, que dans le cas d’une vaccination de la grippe classique des effets secondaires peuvent apparaître chez les personnes qui sont allergiques à l’ovalbumine que l’on trouve dans le blanc d’œuf. Il ne peut donc pas être exclu que des protéines, restes d’une cellule cancéreuse présentes dans un vaccin fabriqué par bioréacteur, n’engendre une tumeur sur la personne vaccinée. Selon un vrai principe de précaution il faudrait donc, avant qu’un tel produit ne soit autorisé sur le marché, avoir la certitude à 100% que de tels effets sont réellement exclus.
- Et cela n’a pas été fait ?
- On ne l’a pas fait. L’AME (Agence Européenne du Médicament), une institution sous la responsabilité du commissaire européen à l’économie, basée à Londres, qui donne les autorisations de mise sur le marché des vaccins en Europe, a donné son feu vert à la commercialisation de ce produit en arguant, en l’occurrence, que ce mode de fabrication ne constituait pas un risque " significatif ". Cela a été très différemment apprécié par de nombreux spécialistes ici -en Allemagne- et une institution indépendante sur le médicament, qui ont au contraire alerté et fait part de leurs objections. J’ai pris ces avertissements au sérieux. J’ai étudié le dossier et suis intervenu dans le cadre de la commission santé du Bundestag dont j’étais alors membre pour que le vaccin ne soit pas utilisé en Allemagne. J’ai fait savoir que je n’étais certainement pas opposé à l’élaboration de vaccins avec cette technique. Mais qu’il fallait d’abord avoir une garantie totale d’innocuité. Le produit n’a donc pas été utilisé en Allemagne où le gouvernement a résilié le contrat avec Novartis.
- Quel est le nom de ce vaccin ?
- Obta flu.
- Mais cela veut dire que dans d’autres pays européens comme la France le produit peut être commercialisé sans problème ?
- Oui, il a obtenu l’autorisation de l’AME et peut donc être utilisé partout dans l’Union Européenne.
- Quelle alternative entendez-vous faire avancer pour que l’on échappe à de nouveaux scandales de ce type?
- Il faudrait que l’OMS soit plus transparente, que l’on sache clairement qui décide et quels types de relation existent entre les participants dans l’organisation. Il conviendrait aussi qu’elle soit au moins flanquée d’une chambre d’élue, capable de réagir de façon très critique où chacun puisse s’exprimer. Ce renforcement du contrôle par le public est indispensable.
- Pouvons-nous encore laisser la production de vaccins et la conduite de ces productions à des organisations dont l’objectif est de gagner le plus possible d’argent? Ou bien la production de vaccins n’est-elle pas quelque chose du domaine par excellence, que les Etats doivent contrôler et mettre en œuvre eux même?
- C’est la raison pour laquelle je pense qu’il faut abandonner le système des brevets sur les vaccins. C’est-à-dire la possibilité d’une monopolisation de la production de vaccin par un grand groupe. Car cette possibilité suppose que l’on sacrifie des milliers de vies humaines, simplement au nom du respect de ces droits monopolistiques. Vous avez raison, cette revendication-là a pris, en tout cas pour moi, l’aspect de l’évidence.
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